23.01.2012
Au 115, un appel sur deux reste sans solution d’hébergement
L'Humanité - 20 janvier 2012
Les dispositifs d’urgence sont asphyxiés par l’explosion du nombre de sans-abri depuis dix ans. Au lieu d’accroître leur capacité, l’État préfère payer des nuits d’hôtel, très coûteuses.
Même pour les personnes à la rue, c’est « la lutte des places », alertait mercredi Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre. En décembre, près d’une demande d’hébergement sur deux faite aux 115 est restée sans solution, d’après le deuxième baromètre hivernal rendu public cette semaine par la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars). « Le nombre de places d’hébergement a augmenté ces dernières années (+ 62,20 % entre 2004 et 2010), mais moins rapidement que le besoin d’hébergement », explique son directeur, Matthieu Angotti.
Et pour cause, le nombre de sans-abri est passé, en à peine dix ans, de 85 000 à 150 000 personnes, dont la moitié sont des familles, indique un rapport de la Cour des comptes rendu à la mi-décembre. Le manque d’hébergements d’urgence s’est aggravé depuis la mise en place de la politique du « logement d’abord ». Benoist Apparu, secrétaire d’État au Logement, a donné priorité à l’accès à un logement pérenne pour les sans-abri, conformément au souhait des associations, tout en décidant un gel du nombre de places d’urgence. Or, le logement d’abord ne peut agir à court terme et « nécessite des moyens en termes d’accompagnement », explique Matthieu Angotti. Par ailleurs, l’ouverture de nombreux lieux d’accueil dépend des périodes de grand froid. La douceur hivernale n’a pas déclenché la procédure habituelle, ce qui aggrave la pénurie. Cette gestion au thermomètre se double d’une gestion financière désastreuse. Plutôt que d’augmenter le nombre de places en hébergement, l’État préfère financer des nuits d’hôtel, qui ont doublé entre 2004 et 2010, pour atteindre 15 016 places à l’année. Cela représente 93 millions d’euros de dépense en 2010, « un budget particulièrement élevé pour l’État » selon la Cour des comptes. Reste à savoir si ces conclusions seront prises en compte par les députés Danièle Hoffman-Rispal (PS) et Arnaud Richard (UMP) qui présentent un rapport d’évaluation jeudi prochain.
22:45 Publié dans Politiques publiques, Sans-abrisme, Support - Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : logement, précarité, hébergements d'urgence
23.12.2011
CAMPAGNE FONDATION ABBE PIERRE - MOBILISATION GENERALE POUR LE LOGEMENT
09:25 Publié dans Mal-logement, Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fondation abbé pierre, mal-logement, campagne 2011-2012
Caritas Europe s’inquiète des effets de l’austérité sur les plus pauvres
22/12/11 - 15 h 41 LA CROIX - MONDE
Tirant les conséquences de la première année de la stratégie « Europe 2020 » de l’Union européenne pour la prochaine décennie, les 16 Caritas nationales (dont, pour la France, le Secours catholique) concluent notamment que la pauvreté et l’exclusion sociale ne sont plus abordées quand les gouvernements se donnent pour objectif de réduire les dépenses publiques.
Particulièrement en cause : la réduction des prestations de sécurité sociale et les services, les réductions salariales et les augmentations d’impôt qui ont un impact disproportionné sur les plus pauvre.
La France épinglée sur le logement
« L’approche macroéconomique qui sous-tend la stratégie Europe 2020 ne parvient pas à comprendre l’interdépendance entre développement économique, développement social et protection de l’environnement, regrette Caritas Europe. Les États doivent comprendre que les trois piliers – l’économique, le social et celui de l’environnement – ont besoin les uns les autres simultanément pour une croissance véritablement durable. »
Concernant la France, Caritas s’inquiète notamment des réductions budgétaires en matière de logement et d’hébergement d’urgence, ainsi que l’accès à la santé des plus vulnérables. Elle appelle à des mesures pour aider les jeunes en difficultés scolaires, à une revalorisation des prestations sociales, et à une meilleure coordination entre toutes les parties prenantes sur les problèmes de pauvreté et d’exclusion.
En conclusion, Caritas appelle les États à mieux intégrer ces trois dimensions dans leurs plans de réforme. Elle demande aussi à l’Union européenne de s’assurer que la pauvreté et l’exclusion sociale sont prises en compte de manière appropriée par tous les États membres.
N. S.
08:24 Publié dans International, Pauvreté, Politiques publiques, Support - Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, caritas, europe, logement, austérité
18.12.2011
L'hébergement d'urgence dans une crise de moyens
| 15.12.11 | 20h06 • Mis à jour le 15.12.11 | 22h17
Ce constat intervient à l'issue de près de 250 pages d'analyse de la "stratégie de refondation" du secteur annoncée en novembre 2009 par Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au logement. Cette réforme a pour ambition de sortir d'une logique saisonnière de gestion de crise et de favoriser la sortie vers un logement durable. Elle s'appuie sur deux piliers : la mise en place d'un service public de l'hébergement et de l'accès au logement, et le développement d'une offre de logement accessible aux personnes modestes. Entre 2004 et 2010, le nombre de places est passé de 51 103 à 82 890 (+ 62,2 %). Mais le constat de la Cour est clair : "Les résultats escomptés ne sont pas encore atteints."
Demandé par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, sur proposition du Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques du Parlement, le travail de la Cour pointe en filigrane les lacunes et blocages d'une politique dont l'objectif premier est le "logement d'abord". Première faiblesse : la "stratégie de refondation" a été définie et mise en oeuvre à partir de données statistiques obsolètes et d'études fragmentaires sur la population des sans-abri. Or cette population a non seulement beaucoup augmenté en dix ans - elle avoisinerait aujourd'hui les 150 000 personnes -, mais elle s'est aussi profondément transformée. Selon un rapport à paraître de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), basé sur les statistiques annuelles du 115, le numéro d'urgence d'aide aux sans-abri, les demandes d'hébergement émanent désormais pour moitié de familles avec enfants. A Paris et en région parisienne, celles-ci peuvent représenter jusqu'à 80 % du public du 115. Quant aux jeunes, au niveau national, leur proportion est passée entre les hivers 2009-2010 et 2010-2011 de 8 % à 11 %.
La réforme n'a pas non plus permis d'améliorer l'orientation des personnes sans abri, jugée encore "très imparfaite" par la Cour des comptes. Les services intégrés d'accueil et d'orientation (SIAO), qui devaient permettre dans chaque département de mieux coordonner l'offre et la demande et de suivre les personnes dans leur parcours d'insertion dans le logement, fonctionnent peu ou mal. "Sur beaucoup de territoires, les SIAO ont bien été mis en place mais les anciennes habitudes de travail ont perduré, confirme Matthieu Angotti, directeur général de la Fnars. Dans le pire des cas, ce sont même des coquilles vides."
Autre problème non résolu, celui de la saturation du 115. Toujours selon l'étude de la Fnars, plus de la moitié des demandes d'hébergement faites le jour même ne donnent pas lieu à l'attribution d'une place. Dans certains départements, les non-attributions peuvent même atteindre de 60 % à 65 %. L'absence de places disponibles est le principal motif de refus. Le recours aux nuitées d'hôtel ne cesse d'augmenter. Leur nombre a doublé depuis 2004. Or, souligne la Cour des comptes, cette solution "n'est pas conforme aux objectifs de la politique menée depuis 2007. Par ailleurs, leur coût pour le budget de l'Etat est particulièrement élevé (93 millions d'euros en 2010)." Le gouvernement a tablé un peu trop vite sur les résultats de sa réforme et sur les économies qu'elle pourrait engendrer. "Les mesures prises pour accélérer les sorties vers le logement sont longues à mettre en place et ne peuvent pas alléger à court terme la pression sur le dispositif d'hébergement", avertissent les experts de la rue Cambon.
La mise en oeuvre de la "stratégie nationale" laisse aussi apparaître des lacunes en termes d'organisation et de pilotage. " Le délégué interministériel pour l'hébergement et l'accès au logement (Dihal) chargé du pilotage administratif central ne dispose pas des moyens de sa mission", souligne la Cour. A la décharge de l'Etat, la Cour note que le déploiement de la réforme est intervenu dans une période difficile. La crise, qui a mécaniquement entraîné une augmentation forte des demandeurs d'hébergement (ménages précaires et demandeurs d'asile) a saturé un dispositif pourtant en forte augmentation. Enfin, au niveau local, le projet gouvernemental a souffert de la réforme concomitante de l'administration territoriale, qui a modifié l'organisation des services départementaux, principaux rouages de la mise en oeuvre du plan gouvernemental.
Catherine Rollot18:40 Publié dans Conditions de vie, Etudes et recherches, Lois, textes, Politiques publiques, Reflexions, Sans-abrisme, Support - Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
SDF : La moitié des demandes d'hébergement au 115 recalées
FranceSoir.fr - 17-12-2011
La Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) a publié son premier rapport annuel dans lequel elle souligne que plus de 40% des demandes d'hébergement faites au 115 n'ont pas été satisfaites en 2010. Les couples avec enfants sont les principales victimes de ces refus.
Il y a généralement peu de place pour les Sans domicile fixe (SDF) excepté sur des sujets par rapport aux Restos du coeur démontrant la misère qui nous entoure. Le premier rapport de l'Observatoire national du 115 a été publié par la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), ce vendredi. Et le principal enseignement à tirer concerne les demandes d'hébergement réalisées au 115. Les réponses négatives se seraient accumulées en 2010. « Plus de 40% et jusqu'à 65% des demandes ne donnaient pas lieu à à l'attribution d'une place d'hébergement », détaille la Fnars. L'an dernier, « plus d'1,2 million d'appels ont été décrochés par les écoutants du 115 » sur un échantillon de 20 départements. Cela représente plus de 55% de l'activité du 115 dans le pays. Et parmi ces appels, 95% concernent des demandes d'hébergement, le reste des demandes ne sont que des sollicitations d'information.
Les familles et les jeunes les plus touchés
Selon la Fnars, la faiblesse des attributions s'ajoute à la saisonnalité des réponses. « On observe une forte variation saisonnière des attributions de places, malgré les engagements réitérés des pouvoirs publics de pérenniser les dispositifs », ajoutant qu' « en période de grand froid, les non-attributions baissent avec le renforcement temporaire des dispositifs d'hébergement ».
Le rapport précise que « 53% des nuitées attribuées par le 115 l'ont été dans un centre d'hébergement d'urgence, 40% en hôtel et 7% dans une autre structure ». Concernant le profil des demandeurs, une évolution est à constater puisque les sollicitations « ont concerné pour moitié des familles, soit 75% à Paris » tandis que les « jeunes de 18 à 25 ans représentent 20 % des personnes ayant demandé le 115, en 2010 ». Ainsi, ce rapport montre les limites de l'urgence sociale en France.
Par Anthony Poix
Rapport téléchargeable dans le menu "Pulications et documents de recherche" (reférence 106)
18:33 Publié dans Politiques publiques, Samu social, Support - Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fnars, 115, urgence sociale, observatoire










